Avec l’allongement  de l’espérance de vie les années 2030 verront le nombre de personnes âgées de plus de 75 ans franchir la barre des 300 000 selon l’INSEE.

Cet allongement de la durée de vie reconstruit notre parcours : nous vivons plus longtemps, en meilleure santé ; la dépendance survient plus tard. Vieillir chez soi est une demande croissante des seniors. Ainsi si les parents vieillissants bénéficient souvent du soutien de l’entourage proche, les enfants sont quant à eux confrontés à la difficulté de repérer les signes d’alertes de la perte d’autonomie voire de la dépendance.

Il est alors nécessaire de se poser les bonnes questions et de trouver les bons interlocuteurs :

Signes d’alerte et questions à se poser :

Facteurs environnementaux ou exogènes

  • Isolement social, délitescence du lien social : absence d’entourage, manque et/ou perte de relation sociale ; l’isolement nuit au capital social et physique de la personne.
  • Un entourage omniprésent pouvant réduire l’espace et les capacités de la personne : chacun doit trouver sa juste place et la bonne distance relationnelle et affective.
  • Conjoint dépendant produisant l’épuisement de l’aidant principal ; le conjoint valide est accaparé par la prise en charge de l’autre.
  • Rupture du lien social : retrait de la vie sociale progressif ou brutal en fin d’activité professionnelle ou en raison de problèmes de santé.
  • Accidents de la vie et traumatismes : veuvage, perte d’un enfant, hospitalisation. :
  • Une hospitalisation subie et une sortie non préparées sont des facteurs aggravants d’une éventuelle perte d’autonomie : insécurité, désorganisation, perte de repères, syndrome de glissement (perte d’autonomie aggravée par l’hospitalisation, alitement prolongé…). Un habitat adapté participe à la prévention de la perte d’autonomie ; un habitat inadapté (présence de tapis, parquets, salle de bains non aménagée…) peut être la cause d’accidents et d’un retour difficile au domicile.
  • Isolement géographique, manque de transports adaptés et/ou de proximité sont autant d’éléments à prendre en compte dans le risque d’isolement et de fragilisation de la personne.

Facteurs internes ou endogènes

  • Age : contrairement aux idées reçues, l’âge n’est pas un facteur discriminant sur l’état de fragilité.
  • Etat de santé : facteur transversal
  • Traitement médical : au-delà de 5 médicaments l’interaction médicamenteuse peut fragiliser : augmentation du risque de chute – risque de dénutrition et/ou de déshydratation – désorientation…
  • Troubles sensoriels : vue – audition.
  • Troubles cognitifs : perte de mémoire – difficultés à se repérer dans le temps et l’espace.
  • Crainte de rester seul pouvant produire un sentiment d’insécurité. La nuit majore ce sentiment et engendre des angoisses. Risque de syndrome dépressif.
  • Difficultés à réaliser seul les actes de la vie quotidienne : ménage – courses – entretien du linge – préparation des repas – gestion administrative et financière – soins d’hygiéne (incontinence – gestion des douches…).
  • Perte de mobilité
  • Fréquence et temps de maintien au sol lors d’une chute : indicateurs de réduction de l’espérance de vie ; la chute peut conduire à une régression psychomotrice (dysfonctionnement du corps et du cerveau accélérant la dépendance).
  • Indicateurs autres : réduction du périmètre de marche (extérieur/intérieur) – vitesse de marche (piétinements) – temps consacré à la marche – type de chaussage.

Une détection et une prise en compte de ces facteurs favoriseront une prise en charge précoce et pourront jouer un rôle dans le maintien de l’autonomie avec une meilleure qualité de vie.

A qui s’adresser ?

  • Médecin traitant : premier interlocuteur de proximité qui connait bien la personne et son environnement pour la prise en compte de la multitude des facteurs. Peut préconiser une orientation spécialisée : consultations en gérontologie – centre de mémoire (expertise neurologique et expertise gériatrique).
  • Centres Locaux d’Informations et de Coordination (CLIC): lieux d’accueil de proximité, de conseil, d’orientation des personnes âgées et de leurs aidants, ils peuvent, du fait de leur connaissance des acteurs locaux et des structures existantes sur le territoire, vous soutenir dans vos démarches, coordonner et évaluer les aides nécessaires au maintien à domicile, accompagner la personne âgée.
    Il existe au minimum un  CLIC par département. Pour les trouver http://clic-info.personnes-agees.gouv.fr/
  • La mairie du lieu de résidence de votre parent vous apportera toutes les informations relatives aux associations et dispositifs existants sur le territoire.

L’ensemble de ces acteurs peut accompagner voire orienter la personne âgée et son entourage vers des professionnels spécialisés de l’écoute et de l’accompagnement (médiation intergénérationnelle – associations de soutien – psychologue…).