Tout va bien, votre enfant se rend à l’école normalement. Tout à coup, il ne veut plus y mettre les pieds. C’est la crise. Pourquoi ? S’est-il passé quelque chose ? S’agit-il d’un petit coup de blues, d’une fatigue passagère ? Ou est-il victime de phobie scolaire comme 1 à 3% des élèves français ? Quand la peur s’installe et prend de telles proportions, les enfants touchés ne peuvent pas s’en sortir tout seul. Il faut une prise en charge de plusieurs tiers, parents et professionnels de santé.

Phobie scolaire, les symptômes

La détection est la première des étapes. Souvent, la phobie s’accompagne de symptômes, de manifestations physiques comme le mal au ventre, à la tête, l’apparition de troubles obsessionnels convulsifs (Toc), de crises d’asthme… et beaucoup de larmes. Elles diffèrent selon l’âge de l’enfant. La phobie scolaire ne s’exprime pas de la même façon à la maternelle et au collège. Dans tous les cas la situation s’installe durablement et le temps ne joue pas en faveur du souffrant. Les diagnostics de retour à la normale faiblissent à mesure que l’absentéisme scolaire se prolonge.

Trois profils différents

Les profils des personnes touchées par la phobie scolaire sont variés. Selon la psychologue Marie-France Le Heuzay, il y a les élèves plutôt doués, précoces, obtenant de bons résultats mais hypersensibles, ayant du mal à se conformer aux règles du groupe. Ils sont souvent la cible privilégiée de railleries. D’autres rencontrent de franches difficultés d’apprentissage, leurs résultats ne sont pas bons et l’école ne leur renvoie qu’une image négative. Et enfin les jeunes qui n’ont pas réglé les angoisses de séparation vécues dans l’enfance et doivent faire face à des problèmes de vie sociale, de regard de l’autre.

Angoisses scolaires, origines diverses

Si elle se manifeste contre l’école, la peur trouve sa source ailleurs. Des difficultés de tous ordres peuvent être à l’origine de l’incapacité à s’adapter. Un décès dans la famille, un divorce qui aggrave l’angoisse de séparation d’un petit… Le milieu scolaire peut déstabiliser une structure mentale fragile : un mauvais contact avec un enseignant ou une trop forte pression sur le résultat et l’angoisse monte jusqu’à devenir irrépressible. La conjonction de plusieurs causes est souvent remarquée, un terrain favorable auquel s’ajoute un élément déclencheur. On pense au harcèlement, dont les nouvelles formes numériques sont particulièrement pernicieuses.

Phobie scolaire, la parole comme traitement

La parole joue un rôle essentiel dans la démarche de soin. Mais elle n’est pas simple à libérer dans ces situations de blocage, de crainte de représailles, de honte… Les infirmiers scolaires peuvent se trouver en première ligne pour recueillir les élèves en souffrance. Plus tard, les psychologues spécialisés travailleront sur différents leviers.
Les soins peuvent être longs. Voilà pourquoi les professionnels de santé préconisent de prendre le problème le plus tôt possible. Les parents doivent être à l’écoute. Dès lors que l’enfant commence à exprimer ses difficultés à l’école, il faudrait essayer d’entamer le dialogue. Mais bien sûr, les signes sont parfois si discrets. Le médecin traitant peut être de bons conseils et orienter vers les services adaptés.