Vivre d’amour et d’eau fraîche, c’est possible… surtout au début d’une relation. Cela n’empêche pas de se poser les bonnes questions quant à l’organisation de sa vie en commun. Lorsque l’on mélange ses quotidiens, lorsque l’on partage ses charges, ses dépenses, ses placements, la question de l’organisation des comptes bancaires se présente. Alors, compte joint ou séparés ?

Dis-moi comment tu dépenses, je te dirai qui tu es

De façon liminaire, être capable de poser ces questions relatives à l’argent est déjà en soi un signe de confiance réciproque. Car le sujet est sensible et touche à l’intime. Au-delà des strictes notions d’argent, il recouvre la façon que l’on a d’envisager la vie, la façon dont on a été éduqué… Étés-vous plutôt économe, plutôt dépensier ? Gérez-vous vos soldes à distance ? Faites-vous vos comptes tous les jours ? Conservez-vous vos tickets
d’achats ? Avec quel degré de précision remplissez-vous la souche de votre chéquier ? Préférez-vous faire l’autruche en cas de découvert ?

Certains s’autorisent de petits achats plaisirs récurrents, quand d’autres sont à cheval sur le moindre écart de budget.

Entre partage et indépendance

En France, la majorité des couples aurait opté pour une solution mixte, qui associe compte joint et deux comptes individuels. En cela, ils sont en accord avec les nouveaux comportements de consommation, qui privilégient le partage, la mise en commun des ressources, tout en préservant une certaine indépendance, même au sein du couple.

Les deux personnes gardent ainsi un compte en propre, avec lequel ils effectuent les dépenses qui les concernent. Il suffit de se mettre d’accord sur qui-paie-quoi et de combien chacun doit abonder le compte-joint. Ce dernier est utilisé pour les dépenses communes : le loyer ou le remboursement du crédit logement, les assurances, les charges diverses, les impôts…

Le compte joint est pratique, il permet une vision claire de son budget, garantit une certaine équité au sein du couple.

L’intitulé du compte

La démarche de création de compte joint est simple. Il convient néanmoins de se mettre d’accord sur son intitulé auprès de sa banque. Si vous choisissez X ou Y, les co-titulaires peuvent effectuer des opérations sans l’assentiment de l’autre.

En revanche, si vous choisissez un compte collectif, sous l’intitulé X et Y, toutes les dépenses doivent être faites avec l’accord de l’autre. Sur un chèque, les deux signatures sont nécessaires.

Quand le couple se disloque

C’est quand apparaissent des tensions dans le couple que le compte joint revêt un enjeu particulier. Les co-titulaires en sont responsables à parts égales, y compris des éventuelles dettes. En cas d’interdiction bancaire, suite à l’établissement de chèque sans provision par exemple, les deux titulaires sont concernés.

A minima, la prudence élémentaire voudrait que l’on transforme le compte joint en formule collective ; ceci afin qu’aucun achat ne puisse être fait sans l’accord de l’autre.

En cas de séparation, le compte est fermé, son reliquat est versé sur les deux comptes individuels. En cas de désaccord, l’un des conjoints peut se désolidariser du compte (à l’aide un courrier adressé à la banque et au co-titulaire).

En cas de décès

Si l’un des co-titulaires décède, le compte reste accessible à l’autre. Cependant, la totalité des sommes inscrites au crédit n’est pas la propriété du survivant. Elles entrent pour moitié dans le calcul de la succession. Dans les quinze jours suivant le décès, la banque transmet aux services fiscaux les sommes figurant sur le compte le jour du décès. C’est le notaire qui attribuera les sommes en fonction du régime matrimonial.