Pourquoi ? Sur quels profils d’emplois ? Avec quelles conséquences sur leurs études ?

La question de l’activité rémunérée constitue un thème central dans l’analyse des parcours des étudiants parce qu’elle est au croisement des problématiques de la réussite étudiante, de l’insertion professionnelle des diplômés et du financement des études. Elle concernerait aujourd’hui près de la moitié des étudiants.

Dans un temps théoriquement consacré aux études, quelle place occupe l’activité rémunérée ? Le travail rémunéré au cours des études est-il une nécessité financière indispensable au maintien des conditions de vie et à la poursuite des études ? Ou correspond-il seulement à un revenu d’appoint dans un processus de transition vers l’autonomie ? Le point en quelques chiffres…

Pourquoi les étudiants doivent-il travailler ?

Il peut s’agir d’un travail en lien avec leurs études (stage, apprentissage, internat de médecine, etc.) ou non.
Au-delà de l’expérience professionnelle qu’un job leur permet d’acquérir, beaucoup d’étudiants s’accordent à dire que cette activité salariée leur permet surtout d’améliorer leur niveau de vie ou d’assurer leur indépendance à l’égard de leurs parents. La FAGE rappelle en effet que la précarité étudiante est bien réelle et que son impact sur les 2,6 millions d’étudiants en France n’a cessé de croître ces dernières années. Selon ses chiffres, 20 % des 18-24 ans vivraient sous le seuil de pauvreté, d’où le recours à une activité salariée pour près de la moitié d’entre eux afin notamment de subvenir à leurs besoins.

Un impact parfois négatif sur les études

19,2 % des étudiants* exerceraient une activité « concurrente » ou « très concurrente des études » (activité non liée aux études et exercée au moins à mi-temps). Ces activités non liées aux études correspondent plus souvent à des emplois moins qualifiés et à temps partiel. Elles peuvent représenter une charge horaire lourde et contraignante vis-à-vis du temps requis par les études, en particulier lorsque l’activité est régulière.

Résultat : 17,7 % des étudiants qui travaillent estiment que leur job a « un impact négatif » sur leurs résultats d’études, et un sur trois que cette activité est « source de stress, de tension nerveuse ».

Quels types de jobs ?

Le taux et les formes d’emploi des étudiants varient en fonction du calendrier des études. Les étudiants qui travaillent déclarent majoritairement choisir d’occuper des contrats courts (CDD, contrat saisonnier ou contrat d’intérim) ou des emplois à temps partiel : caissiers, vendeurs, serveurs, surveillants, professeurs de cours particuliers…

À l’inverse, les activités exercées occasionnellement comme les « jobs d’été », le sont plus souvent à temps complet.

Quelles aides ?

Avec un loyer qui représente en moyenne plus de 50 % d’un budget étudiant, se nourrir sainement ou se soigner correctement relève du défi quotidien pour beaucoup d’entre eux,  contraints à cumuler études et travail avec parfois, à la clé, une sortie prématurée des études supérieures faute de moyens.

Des dispositifs officiels ou associatifs existent pour les accompagner : bourses étudiantes, aides ponctuelles ou accompagnement à la recherche d’emploi tels que MesServices.etudiant.gouv.fr et www.fage.org.

* Étude de l’Observatoire de la Vie étudiante qui exploite les données de l’enquête Conditions de vie des étudiants 2016 réalisée auprès de 60 000 étudiants et présentée en décembre dernier 2016.