A l’instar de l’escargot sur une toile cirée, nous laissons des traces derrière nous. Dès lors que nous utilisons un appareil connecté à internet, nous essaimons des données numériques. Au sens physique du terme, il s’agit d’une succession de 0 et de 1 traduisant en langage électronique des informations issues de la vie bien réelle. Tout est stocké. A l’échelle des individus comme à celles des entreprises et des institutions, des milliards de données sont créées chaque jour.

Des données pour faciliter la navigation

Renseigner les champs d’un formulaire, « accepter » des cookies, remplir le champ « recherche » de son moteur, naviguer en se laissant porter au gré des clics, nourrit des bases de données, quelque part. Pas absolument négatives en soi, elles sont censées rendre notre navigation plus aisée, plus fluide, plus rapide. Nous ne sommes par exemple plus obligés de saisir et resaisir identifiants et mots de passe, nos applications nous reconnaissent illico.

Nos données numériques valent de l’or

Avez-vous remarqué ces publicités qui surgissent soudainement et semblent – oh merveilleux hasard – correspondre à nos préoccupations du moment, à nos goûts ? Nos récentes recherches ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Les données produites sont savamment exploitées par les services marketing. Souvent, la démarche est assez grossière et prête à sourire : si nous venons d’acheter une table de salon, nous n’allons pas en commander une autre aussitôt même si elles défilent sous notre nez ! Mais si nous sommes en quête d’un hébergement pour les vacances dans les Alpes, ces appels judicieux pourraient nous permettre d’accéder à des infos, des idées de consommation sans même les chercher. L’ordinateur et le smartphone sont en phase pour nous guider, nos choix sont orientés. Ca s’appelle du retargeting et ça vaut de l’or sur les marchés.

Quand c’est gratuit, c’est nous le produit

Pour les vendeurs et les marketeurs rien de plus intéressant que de toucher directement sa cible, que de faire mouche à chaque fois ou presque. Alors que nous avons l’impression de consommer gratuitement et pour notre seul compte des centaines d’infos, nous enrichissons des bases de données revendues ensuite. Car « quand c’est gratuit, c’est nous le produit » dit le slogan. Nous sommes aussi « l’internaute sandwich » qui va proclamer, souvent à notre insu, sur le fil de nos réseaux sociaux que nous aimons telle marque de chaussures ou tel parfum de yaourts…

Redevenir maître de ses données numériques

La Fondation internet nouvelle génération (Fing) est un think tank dont l’objectif est d’aider les institutions à anticiper les mutations de la société avec l’usage du numérique. En 2012, elle a lancé, via le projet Mesinfos, une réflexion sur l’utilisation positive des données numériques collectées.

Et si nous, utilisateurs, profitions de ces formidables stocks de self-datas (données personnelles ) ? Serait-il possible de les contrôler à notre propre fin ? Car elles peuvent nous être très utiles pour mieux nous connaître nous-mêmes, prendre de meilleures décisions en analysant nos propres comportements et habitudes en termes de dépenses, de trajets, de consommation d’énergie, de santé, de navigation web …  La Fing suggère un échange de bons procédés – gagnant-gagnant – entre les utilisateurs et les organisations collectrices de datas.

Acquérir une culture du numérique

Et s’il appartenait à chacun de prendre ses responsabilités numériques, d’essayer de devenir un humain 2.0 ? De considérer qu’il n’est pas tout à fait anodin d’utiliser un appareil connecté, comme de conduire une voiture ? Sur son site Mes datas et moi, la MAIF propose une série d’articles pour accompagner la réflexion des internautes et les acculturer à ces notions très nouvelles : reprendre son identité numérique en main, expérimenter concrètement « une journée de données »… L’apprentissage de la maîtrise des outils innovants avance en même temps que la réflexion sur leurs usages. Ça se passe en ce moment et nous sommes tous concernés.

Stockage à distance des données numériques

Les entreprises sont confrontées elles aussi à cette gestion des données, à leur stockage notamment. Elles s’adaptent au big data, ce stock massif d’informations qu’elles génèrent en utilisant quotidiennement les outils numériques : mails, vidéo … Oui, les fichiers sont dématérialisés, mais ils sont quelque part quand même. Et leur stockage représente des enjeux et des coûts : économiques, écologiques… Selon une étude de l’INSEE, déjà près de 20% des structures indépendantes utilisent les services du cloud computing. Il s’agit de gros serveurs installés à distance auxquels les sociétés sont connectées via internet. Ils peuvent être publics et partagés ou privés.

Côté MAIF 

L’usurpation d’identité et l’atteinte à l’image et à la vie privée notamment sur les réseaux sociaux sont couverts par le contrat Protection juridique Accès de la MAIF. Ce contrat prend en charge jusqu’à 20 000€ l’ensemble des démarches mises en oeuvre par nos juristes ainsi que les frais engagés avec notre accord, dont les frais de procédure.