La chanson disait « on ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille… ». C’est toujours vrai, mais la composition du foyer est plus modulable. Elle évolue au rythme des changements de fond de la société. Il faudrait désormais considérer la cellule familiale au pluriel, en intégrant ses différents modèles : traditionnel (70% des cas), mono-parental (20%) et recomposé (10%).

On parle de famille recomposée quand un couple vit avec un ou plusieurs enfants dont un seul des conjoints est le parent. Les combinaisons se complexifient quand le foyer abrite les enfants de l’un, de l’autre plus ceux que les adultes ont en commun. Apparaissent des demi-sœurs et frères, certains ont la même mère, d’autres le même père… Plus d’1,5 million d’enfants sont concernés : plus d’un tiers vit avec ses deux parents et des demi-sœurs et frères, les autres ont connu la séparation des parents et vivent avec l’un des deux.

Familles recomposées et temps d’adaptation

Dans un monde idéal, ces relations basées sur l’amour et la liberté seraient source d’épanouissement et de félicité domestiques. Il y a parfois loin entre l’idéal et la réalité. S’il est sans doute naturel de vouer à ses propres enfants un amour inconditionnel, la relation beaux-parents / beaux-enfants peut demander un temps d’adaptation. C’est vrai pour tous les âges de la vie, mais particulièrement au moment de l’adolescence, quand la construction de l’individu passe par la nécessaire confrontation. Il est possible que l’adulte se confronte à la phase : « T’es pas ma mère / mon père ! ». La mise en place d’une autorité parentale équilibrée entre tous, en tenant compte des spécificités de chaque lien, est un enjeu majeur pour la réussite de la recomposition familiale. Tenter de passer en force est souvent voué à l’échec. La meilleure des solutions étant probablement d’instaurer le dialogue, pour des relations respectueuses où chacun connaît exactement sa place au sein de la cellule réinventée.

Un mandat d’éducation

La loi ne prévoit pas de statut pour le beau-parent. Ce dernier n’a, sur ce plan, ni droit ni devoir sur l’enfant de son conjoint. Cependant, ni plus ni moins que tout autre tiers, il peut se voir déléguer le partage de l’autorité parentale, sur demande des parents, auprès du juge des affaires familiales. Sans aller aussi loin, le législateur a prévu la mise en place d’un mandat d’éducation quotidienne, volet de la loi APIE (Autorité parentale et intérêt de l’enfant). Toujours avec l’accord des deux parents, il donne la possibilité au conjoint de représenter l’enfant dans des situations ponctuelles comme signer officiellement un bulletin scolaire ou à l’hôpital par exemple. Un simple document signé par les géniteurs suffit. L’effet du mandat s’annule dès lors que l’un des signataires le décide ou en cas de séparation.

Chacun sa place au sein de la famille recomposée

Au-delà de ces considérations technico-légales, à l’épreuve des faits, la vie quotidienne est riche de moments de complicité qui bâtissent ces relations. Le beau-parent joue bien souvent le rôle de guide bienveillant qui accompagne la vie de l’enfant dans les bonnes comme dans les mauvaises périodes. Bon sens et patience suffiront la plupart du temps à instaurer des rapports sereins et générer en plus des fratries unies. L’enfant doit comprendre la place qu’occupe le beau-parent dans son éducation, qu’il ne cherche pas à se substituer à son ascendant naturel.

Des moments privilégiés avec ses enfants

En cas de garde alternée, le passage d’une famille à l’autre peut déstabiliser ponctuellement. La psychanalyste Virginie Megglé souligne que la séparation place l’enfant dans une situation d’insécurité émotionnelle ; il craint de perdre l’amour parental. Parfois il porte le poids d’une responsabilité sur les événements. Plus tard, sur fond de crise intérieure, les relations discontinues peuvent occasionner chez lui le sentiment d’être constamment en intérim, en visite. Il faudrait pouvoir, au sein de la cellule recomposée, lui ménager des moments privilégiés, en tête à tête avec son parent. La famille, ça s’invente tous les jours.

Côté MAIF 

Le contrat corporel Praxis Solutions de la MAIF couvre tous les membres du foyer que vous soyez marié, pacsé ou vivant en union libre, avec vos enfants et/ou ceux de votre partenaire à charge. Il couvre également les grands-parents qui séjournent quelques jours chez vous pour garder les enfants. L’enfant est quant à lui couvert quel que soit le lieu où il se trouve : chez lui, chez un parent, en France ainsi qu’à l’étranger pour les séjours n’excédant pas un an.