Une étude, publiée le 5 avril dernier par l’Institut des politiques publiques, révèle un lien entre l’organisation du temps de travail des mères et celui du temps d’école de leurs enfants. Les conclusions de cette étude montrent que le nouveau rythme scolaire aurait des effets positifs sur le travail des femmes. Explications.

Un réel changement depuis 2013

Jusqu’en 2013, la semaine d’école de 4 jours avec le mercredi de libre avait des conséquences sur le temps de travail des femmes : 40% des mères dont le plus jeune enfant était scolarisé ne travaillaient pas le mercredi, contre 20% des pères. Les auteures de l’étude, Emma Duchini et Clémentine Van Effenterre, expliquent cela par « la persistance des normes de genre selon lesquelles les femmes doivent, plus que les hommes, adapter leur activité professionnelle à la présence des enfants. ». En rétablissant l’école le mercredi matin, cet écart a été réduit de 15%. Première conséquence positive de ce rythme scolaire : les inégalités entre hommes et femmes sont ici clairement atténuées.

Autre constat, les femmes ayant fait des études supérieures sont plus nombreuses que les autres à pouvoir renoncer au travail le mercredi (45% contre 41%). Cela s’expliquerait par une meilleure capacité pour ces femmes ayant des postes à responsabilité à négocier leur temps de travail. Toutefois, cette flexibilité horaire avait un impact certain sur leur salaire et également leur évolution de carrière. Certaines entreprises sont effectivement très sensibles à la question du présentiel.

Un changement satisfaisant

En rétablissant l’école le mercredi, le décret a ainsi permis aux femmes d’avoir un rythme de travail plus linéaire. Notons que cela ne signifie pas pour autant que les femmes travaillent plus : elles travaillent désormais tous les jours, mais finissent plus tôt.

Si la réforme n’a pas impacté les salaires ou le nombre d’heures travaillées des femmes, les auteures pointent cependant un changement positif et majeur pour elles : leur accès à l’emploi. Les auteures s’expliquent « Avant la réforme, un employeur pouvait avoir des réticences à embaucher une femme, sachant qu’elle voudrait probablement se libérer le mercredi ».

Même s’il est un peu tôt pour prendre pleinement la mesure de cette réforme sur le travail des femmes, les effets semblent à première vue très positifs. Les auteures parlent ainsi de « petite révolution » dans l’organisation du travail des femmes. Affaire à suivre… !