Il y a encore quelques mois, Danièle filait le parfait amour avec Philippe. Après 23 ans de mariage, comme son mari gagnait bien sa vie et qu’elle n’était pas passionnée par son travail à la mairie, elle a décidé de quitter ses fonctions pour tenter une nouvelle aventure. « Après tout, on a qu’une vie », c’était la philosophie du couple. Pendant sept années, Danièle s’est consacrée à leur fille unique, a donné du temps à des passions non lucratives. Elle s’est enrichie humainement mais sans trouver de nouveau poste.

La situation a pris fin brutalement, lorsque Philippe l’a quittée pour une autre femme.

Quelles ressources après le divorce ?

Outre la difficulté à surmonter l’échec conjugal, le divorce, Danièle a dû faire face aux questions plus prosaïques de ses ressources financières. Elle ne touchait plus de revenus depuis sept ans. A quelles prestations compensatoires avait-elle droit, après trente années de mariage ? Par ailleurs, l’heure de la retraite approchant, comment seraient calculés ses droits, amputés de sept années sans travail ?

Des inégalités persistantes

Au delà du cas particulier de Danièle – qui a donc choisi de mettre son travail entre parenthèses, sans parvenir à trouver autre chose – soulignons globalement que les inégalités de revenus au sein des couples ont la vie dure en France.

Malgré les discours et les vœux pieux, selon l’Observatoire des inégalités, les hommes gagneraient encore 25% de plus que les femmes. Outre les différences qui s’expliquent par des disparités dans la répartition des postes à responsabilités, près de 11% des écarts ne se justifient pas et sont le résultat d’une « discrimination pure ». A responsabilités égales, à postes équivalents la gent féminine serait toujours moins rétribuée.

Les écarts se réduisent très doucement

Selon l’Insee, au sein du couple, trois femmes sur quatre gagnent moins que leur conjoint. Les femmes contribuent à hauteur de 36% aux besoins de la famille. Choisi ou non, leur temps de travail est plus souvent réduit. Si les écarts tendent à se réduire doucettement, ils sont toujours criants et se révèlent particulièrement quand la cellule familiale se disloque.

L’arrivée des enfants dans le couple participe au creusement des écarts. Plus le nombre d’enfants augmente au sein de la famille, plus l’activité professionnelle des femmes diminue.

La justice familiale

Lors d’un jugement de divorce, le juge aux affaires familiales peut ordonner le versement d’une prestation compensatoire pour atténuer les disparités de revenus. Dans le cas de Danièle, la séparation du couple a bien créé une disparité dans les conditions de vie des époux. Le juge a ordonné le versement d’une prestation compensatoire en sa faveur. Mais elle n’était pas acquise de fait, chaque cas est particulier.

La prestation a été calculée sur les revenus de Philippe, l’ex-époux. Le calcul s’est également basé sur le patrimoine des ex-mariés : la part qui revenait à chacun sur la vente de la maison notamment.

Le juge a également pris le choix de vie en considération : le fait que Danièle ait quitté son travail pour élever leur fille notamment.

Droits à la retraite compensés

Elle a également pu faire valoir les impacts de son interruption de carrière sur sa retraite à venir. Des calculs, basés sur l’estimation de perte prévisible des revenus de Danièle au moment de faire valoir ses droits à la retraite – ont permis de compenser ces sept années de pause à la mairie.

Danièle a pu acheter un appartement

La prestation est le plus souvent versée sous forme de capital, rarement sous forme de rente. Le partage du patrimoine et la prestation compensatoire ont permis à Danièle de s’acheter un appartement.

La pension de réversion

Si Danièle survit à son ex-mari, elle pourra également prétendre à une pension de réversion, au prorata des trente années de leur mariage.